À partir de 18 mois (parfois même avant), l’enfant prends conscience de lui et commence à affirmer sa personnalité. C’est une période constructive dans son développement car il développe des capacités pour devenir autonome et assoir son identité. C’est à 3 ans qu’il posera le premier niveau de son identité. 

Les manifestations d’une identité en construction

La période d’opposition peut être plus ou moins spectaculaire chez les enfants. Ma fille de 16 mois commence à taper, à se rouler par terre à la moindre frustration, à crier, elle teste les limites… et bientôt elle va vouloir faire tout toute seule.

Comment accompagner les réactions fortes de son enfant sans casser sa confiance en lui ? 

Dans la philosophie Montessori, les apprentissages passent au contact des 3 piliers que sont : l’environnement, l’adulte et le matériel que nous devons préparer. Voici quelques conseils pour anticiper, accueillir et canaliser les émotions fortes de nos enfants.

1. Préparer l’environnement 

Offrez à votre enfant un environnement chaleureux, stable et sécurisant. Ce cadre de vie permettra son épanouissement et sa construction.

Une maison accueillante avec des meubles adaptés à sa taille lui permettra d’évoluer en autonomie. Il se sentira acteur de sa vie et ainsi il développera une grande confiance en lui et dans le monde.

On ne déménagera pas les meubles de la maison et surtout pas ceux de sa chambre. Un environnement stable permet à l’enfant d’avoir des repères et développe ainsi sa sécurité intérieure.   

Cela passe aussi par la mise en place de routine et rituels dans la journée(rituel de coucher, du repas…). L’organisation externe vient construire une organisation interne. L’enfant est rassuré car il anticipe les événements à venir.

2. Travailler sa posture, sa communication

L’enfant apprends par modélisation grâce à ses neurones miroirs. Prenons le temps de choisir les bons mots, les bonnes formulations pour qu’il intègre ces mécanismes dans sa façon de réagir. Au début, ces nouvelles formules de communication ne nous semblent pas naturelles, mais petit à petit vous allez vous entendre les prononcer naturellement car vous verrez tout de suite l’impact que ces mots provoquent chez votre enfant.

5 étapes clés pour gérer les crises de colère :

  • 1. Laissez votre enfant exprimer son émotion 

S’il est trop violent, vous pouvez le contenir dans vos bras pour ne pas qu’il se fasse mal.

  • 2. Accueillir l’émotion

Écouter ce qu’il exprime, sans parler, sans juger.

  • 3. Nommer le sentiment

« Je vois que tu es très triste, … en colère… », mettre des mots sur les émotions pour les apprivoiser, apprendre que c’est normal de les exprimer.

  • 4. Aidez au retour au calme 

Lorsque votre enfant commence à se calmer, vous pouvez lui proposer des outils pour s’apaiser : un câlin, boire un verre d’eau, respirer profondément 3 fois ensemble, …

  • 5. Parler à froid de ce qu'il s’est passé

Pour les plus grands, discuter avec l’enfant de ce qui s’est passé. L’aider à trouver ce qu’il lui convient le mieux pour se calmer.

Lors de ce temps de parole, écoutez activement ce qu’exprime votre enfant. Tenez compte de son avis « qu’en penses-tu ? « expliques-moi pourquoi tu n’es pas d’accord ». Prendre ce temps pour lui apprendre à nuancer ses « non ».

Prenez le temps de rappeler les règles de la maison et les conséquences naturelles de chaque actes : «Si tu ne prends pas ton bain maintenant, il faudra le faire ce soir et nous n’aurons plus le temps pour lire une histoire».

À travers vos échanges, apprenez aussi à faire des compromis «D’accord, tu ne ranges pas tes jouets maintenant, mais il faudra le faire avant d’aller dormir ce soir». L’idée est de trouver un arrangement où chacun y trouve son compte et que l’objectif de départ soit rempli (ici : ranger la chambre).

Pour cela, n’hésitez pas à utiliser le « brainstorming » où chacun propose des solutions. Toutes les propositions sont bonnes. On commence par tout noter et ensuite on passe au vote de la solution qui remporte le plus de voix.

Ce sont des outils de communication pour essayer d’éviter le rapport de force qui restera stérile. L’important de vos échanges c’est que chacun se sente accepté, reconnu dans ses besoins. Je parle des besoins du parent autant que ceux de l’enfant. L’enfant n’est pas « roi » et nous ne devons pas nous effacer pour le laisser vivre. L’enfant a besoin de comprendre ce que ressentent les autres personnes pour ainsi développer son empathie et ainsi travailler l’expression de ses besoins. Il apprendra à trouver le bon équilibre pour que ses envie s’adaptent aux règles de la maison, aux besoins de ses parents, à ses propres besoins naturels….etc.

Lorsque l’enfant est tout petit, on ne va pas faire de grande discussion. On affiche des limites claires et fixes surtout liées au danger pour lui. Il faudra ensuite jouer à détourner son attention, l’orienter vers une autre activité ou lui proposer d’autres distractions lorsqu’il s’obstine à nous provoquer. Son cerveau est en effet trop immature pour gérer les émotions fortes. 

Accueillir et nommer le sentiment sont deux étapes essentielles pour désamorcer la colère qui vient d’éclater.

Il faudra faire preuve de patience et d’indulgence, mais ne désespérez pas, ce que vous mettez en place aujourd’hui sont des petites graines qui au fil des âges vont germer et offrir à votre enfant les clés pour mieux communiquer ses émotions.

Soyez indulgent avec vous-même. Le parent parfait n’existe pas. La fatigue, les difficultés, les questions, les doutes font aussi partie de votre quotidien. Faites de votre mieux et acceptez vos limites, exprimez-les à votre enfant «  je suis fatiguée, je m’attends.. » « Je suis en colère, je n’aime pas voir… ». Vous agissez ainsi en modèle. L’enfant apprends que c’est normal d’être en colère mais il apprends comment exprimer correctement son émotion.

3. Les outils 

Aujourd’hui, il existe de nombreux outils pour parler des émotions à l’enfant et l’aider à les apprivoiser.

  • - Les livres (« La couleur des émotions » de , « Mes secrets » de Didier Lévy, « Max et Lapin, La tarte à la colère » d’Astrid Desbordes,…)
  • - Les cartes images / photos pour reconnaître les émotions (Bougribouillons.fr)
  • - Les émotions dans les livres (discutez de ce que ressentent les personnages dans l’histoire)
  • - La roue des émotions et autres outils où l’enfant indique ce qu’il ressent (Bougribouillons.fr)
  • - Les exercices de sophrologie, relaxation, méditation
  • - L’art,
  • - La danse

Et vous quelle méthode votre enfant a choisit pour son retour au calme ? Arrivez-vous à appliquer certains de ces outils ?

N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires. Ce sont des moments difficiles à vivre et tous les conseils sont bons pour surmonter ces petites épreuves du quotidien.

D’autres tips pour aider nos enfants lors des crises développementales?Je vous invite à lire l’article sur les « 8 conseils pour accompagner l'angoisse de la séparation chez les bébés »

Bonne découverte !

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